Le gouvernement envisage de ne pas reconstituer les stocks stratégiques de diesel

Si Sébastien Lecornu avait annoncé que “les opérateurs auront jusqu’à un an pour reconstituer ces stocks”, il a cependant été décidé de ne pas reconstituer les réserves à l’issue de nombreux échanges avec les entreprises concernées.

Cette obligation posait en effet plusieurs défis. Dans l’hypothèse où la situation géopolitique resterait durablement tendue et où les prix de marché demeureraient élevés, les distributeurs auraient dû racheter et rendre ces stocks au prix fort. Cela se serait traduit par un effet de rattrapage à la pompe.

Par ailleurs, la consommation de diesel baisse d’année en année, car les Français restreignent leurs dépenses et se tournent davantage vers les voitures électriques ou à essence. Un mouvement qui s’est accéléré cette année et qui rend la reconstitution de ces réserves moins nécessaire aux yeux du gouvernement et du secteur.

“On anticipe ce qui se serait produit dans les deux, trois ans”, commente Philippe Casbas, président de l’Ufip-EM.

D’après les chiffres du gouvernement, ces dix millions de barils représentent un cinquième des stocks stratégiques de gazole. L’ensemble de ces stocks est censé assurer trois mois de consommation au pays.

La décision de ne pas reconstituer les stocks devrait se traduire par un décret qui modifiera l’obligation des stockages des vendeurs de carburants. “C’est dans les tuyaux”, abonde un autre distributeur, qui préfère le conditionnel tant que le décret n’est pas paru. “C’est peut-être la meilleure des solutions”, soupèse-t-il, précisant qu’il aurait été très difficile de reconstituer des réserves à 28 centimes le litre.

“Cela ne me paraît pas trop dangereux pour notre indépendance énergétique”, conclut-il.

Sollicités, Matignon et le ministère de l’Energie n’ont pas fait de commentaire.